mardi, 01 janvier 2008
Feliz año nuevo desde Nicaragua* lettre n° 5 de LUDO
*Bonne annee du Nicaragua
Deja une petite semaine que je n'ai pas tenu mon carnet de voyage. Et j'ai tellement de choses a raconter. Vous l'aurez compris j'ai passe une nouvelle frontiere. Celle qui separe le Costa Rica du Nicaragua. Cette fois-ci, ce fut en bateau, enfin pas le Pacific Princess, vous imaginez bien. On a navigue sur un fleuve, borde de foret et de singes, avec escale au poste de police frontalier pour verification par la police de la liste des passagers. Mais revenons un peu au Costa Rica car j'ai eu un coup de coeur pour le village de Tortuguero et le parc naturel du meme nom. C'est au nord-ouest du pays, sur la cote atlantique donc. Un village coince entre la mer des Caraibes et un labyrinthe de canaux qui sillonne la foret tropicale. J'ai fait un tour a pied dans la foret et une balade en barque sur les canaux. Boa constrictor, paresseux, caiman, crocodile, plusieurs especes de singe, des oiseaux magnifiques, des iguanes... J.....
'en oublie sans doute mais c'etait incroyable. Quant au village, je me serai cru au Senegal. Une seul chemin en ciment qui le traverse et des chemins de terre pour acceder aux differentes maisons. C'est un lieu tres touristique tout de meme mais on l'oublie completement tellement on est transporte par la beaute de la nature. Pour me balader dans la foret, j'ai du louer des bottes car, comme quasiment tout au long de mon passage au Costa Rica et c'est bien dommage, il a beaucoup plu. Il semblerait que ce soit exceptionnel tant de pluie a cette periode. Comme on dit, y' a plus de saison. Evidemment, au moment ou j'explorais la foret, il est tombe une de ces saucees, les bottes etaient pleines d'eau et j'étais trempe de la tete aux pieds. De toute facon, il a fait tellement humide dans ce pays qu'aucune affaire n'etait vraiment seche. Cela commencait d'ailleurs a sentir le moisi dans mon sac, heureusement j'ai fini par faire laver mon linge sale et mouille. Apres Tortuguero ou je ne suis reste que 24 h (le temps m'est compte et le climat ne m'a pas encourage a rester plus) j'ai deroge a ma regle d'emprunter les transports publics, j'ai pris un mini-bus prive pour aller au volcan Arenal. Un peu de luxe ca ne fait pas de mal, qui plus est je ne sais combien d'heures j'ai gagne. Le volcan Arenal est un volcan actif dont la derniere eruption date de 1996 (ou 1998, je ne sais plus). J'ai pris une chambre d'hotel en face au cas ou mais rien ! Le lendemain matin, comme il etait embrume, j'ai decide de ne pas m'eterniser et de filer vers la frontiere nicaragueenne. En deux deux bus, c'etait fait. La ville frontaliere s'appelle Los Chiles (c'est la que j'ai pris le bateau) et celle d'arrivee au Nicartagua est San Carlos. Un petit port sans grand interet mais qui vous plonge dans le decor du pays. Le Nicaragua est le deuxieme pays le plus pauvre de l'hemisphere nord. Un peu moins bien dote par la nature en paysage merveilleux que le Costa Rica (mais il y a tout de meme de tres beaux endroits), c'est donc davantage aux villes et aux populations que je m'interesse ici. C'est aussi le seul pays de la region qui ait un gouvernement de gauche avec le president sandiniste Daniel Ortega dont le portrait est affiche partout. La plupart des gens, comme c'est souvent le cas dans les pays, sont d'une grande dignite, hyper honnetes et ont toujours un geste ou une parole pour vous saluer. J'etais oblige de passer une nuit a San Carlos pour prendre un nouveau bateau vers l'ile d'Ometepe. J'ai donc sympathise avec Willy, 20 ans, deja papa, comme la plupart des jeunes ici, et barman du bar le plus sympa de la ville. Le lendemain donc nouvelle destination. Ometepe est une ile formee de deux volcan relies par une bande de terre. Nous ne sommes pas en pleine mer mais au milieu du lac Nicaragua, le plus etendu d'Amerique centrale. En realite, on a l'impression d'etre au milieu de l'ocean car on ne voit pas l'autre rive tellement il est immense. La-bas, je suis reste deux journess. La premiere m'a donne l'occasion de realiser une envie que j'avais depuis le debut de ce voyage : faire du cheval. C'est une tradition quand je suis dans des pays ou il y a des canassons, je monte. Pour la premiere fois, j'ai pu louer un cheval sans guide, absolument libre d'aller ou je le voulais. Le probleme c'est que c'etait plutot une mule asthmatique que les coups de cravache ne faisait absolument pas reagir. Au final, j'ai mis cinq heures pour faire une trajet de 3 heures. J'ai eu un prix en expliquant que j'aurai mis moins de temps a pied. Comme c'est le voyage de tous les defis, le lendemain, j'ai gravi un des deux volcans de l'ile, avec un guide tout de meme. Enfin nous ne somme montes qu'a 1.000 metres, car au-dela, ce volcan etant aussi en activite, il parait que c'est dangereux. L'ascension s'est faite avec un groupe de jeunes japonais qui vivent au Nicaragua depuis deux ans en tant que cooperants. J'ai decouvert que les Japonais etaient des gens vraiment tres droles. Apres ces deux journees, je peux vous dire que mon corps n'en peux plus. Il sera bien content de s'asseoir devant mon bureau entre deux trajets en metro. Je reve d'un massage integral. Ce matin, j'ai quitte cette bien belle ile pour aller de l'autre cote du lac, dans la ville de Granada. Une magnifique cite coloniale, tres touristique, mais la encore, on n'y fait pas attention. Il y a beaucoup`d'eglises, de belles batisses et, plus populaire, un marche avec des gens qui grouillent dans tous les sens. D'un cote on sent une certaine richesse (la ville est un bastion du Pari conservateur) ; de l'autre, on m'a arrete plusieurs fois pour me demander a manger. Je vais me poser deux jours pour observer un peu plus, de toutes facons il n'y a pas de transports le 1er janvier. Mercredi, je pars a Leon, ville du meme style, plus grande, moins touristique. Et si tout va bien, jeudi soir je serai au Honduras. Je me rends compte que le temps passe tres vite, qu'il me reste qutre pays a visiter, je ne sais pas comment je vais faire.
En attendant la suite, je vous souhaite a toutes et a tous une tres belle annee 2008. Que vous soyez en grande forme pour vivre des tas d'aventures et beaucoup de moments heureux. Moi, malgre la fatigue, je vais essayer de ne pas me coucher aussi tot que d'habitude (record : 18 heures) et de refaire un tour en ville. C'est quand meme le 31, ces gens doivent bien s'amuser...
Je vous embrasse.
Ludo
4/A l'heure ou j'ecris ce mail vous devez commencer a ouvrir vos huitres, a mettre la dinde au four ou bien a couper votre foie gras. Eh bien moi, je suis a San Jose, capitale du Costa Rica dont j'ai franchi la frontiere il y a quatre jours. Mon repas ressemblera sans doute a tous les precedents, c'est-a-dire a base de poulet, de riz et d'haricots rouges. A moins que l'hotel super sympa ou je passe la nuit ait organise quelque chose d'original. Je n'avais pas prevu de m'arreter a San Jose car il n'y a rien de particulier a y faire mais c'etait la meilleure solution pour arriver demain assez tot a Torteguro, dit la petite Amazone. Mais vous en saurez plus a mon retour. Revenons ou je vous ai laisse la derniere fois : Bastimiento, ile paradisiaque de l'archipel Bocas del Toro, au Panama. J'y ai passe une demi-journee de plus, a naviguer dans ce qu'on appelle la baie des dauphins. J'en ai vus, il faut me croire sur parole car je n'ai pas reussi a en choper un dans l'objectif de mon appareil photos. J'ai egalement observe avec masque et tuba les fonds marins. Franchement, si j'avais mis la tete dans mon aquarium cela m'aurait fait le meme effet. Ensuite, plage a cocotiers appelee plage redfrogs (grenouilles rouges). Je n'ai en pas croisees. En revanche, j'ai eu ma premiere experience avec ce que l'on appelle en anglais un riptide (je n'ai pas encore la traduction en francais). C'est une sorte de courant qui vous empeche d'avancer. Pendant cinq bonnes minutes, j'avais beau essaye de nager j'etais aspire en arriere. Il n'y avait pas beaucoup de profondeur mais j'ai eu la peur de ma vie. Je suis sorti de l'eau epuise, avec l'impression d'avoir frole la noyade. Je me suis allonge sur la plage et je n'ai plus bouge jusqu'au depart. Depart pour Boquete, dans les collines verdoyantes de la province de Chiriqui. Je suis arrive tres tard le soir, quelqu'un a la sortie de mon bus m'a propose un hotel qui etait en fait une grande maison ou vivait une famille, au bord d'un ruisseau. C'est le lendemain que j'ai pu profiter du cadre magnifique duquel depassait un volcan embrume. Un petit cote massif central, la foret tropicale en plus. Je me suis balade toute la journee et suis parti le lendemain pour le Costa Rica. Sur la carte, cela ne semblait pas trop long. Eh bien, cela m'a pris la journee (en partant tout de meme a 7 heures du matin) et - c'est mon record - j'ai du emprunter six bus ! Ce n'est pas le passage de la frontiere qui a ete le plus difficile. Un bus (le 2eme) m'a laisse du cote panameen. Je suis alle faire tamponner mon passeport par la police de l'immigration. Je suis alle a pied eux cents metres plus loin pour faire la meme demarche mais cote costaricain. La j'ai pris un troisieme bus, etc. Un septieme etait prevu mais alors que je l'attendais depuis plus de deux heures a cote d'une station service, un pere et son fils m'ont propose de m'emmener puisqu'ils allaient dans la meme ville que moi : Puerto Gimenez, dans la magnifique peninsule d'Osa. Devinez quoi : on a creve dans la nuit noire sur une route defoncee. Une fois a destination, ils m'ont depose devant un petit hotel qui q fait l'affaire, je suis alle manger mexicain et au lit. Car, je ne suis pas rentre dans les details, mais je me leve presque tous les jours entre 5 et 6 heures pour prendre des bus. Ce matin, c'etait meme 4 heures ! Bref, vivement la reprise du boulot pour faire des grasses matinees... De Puerto Gimenez, le lendemain a 6h donc, part ce qu'ils appellent un taxi "collectivo". Traduction non litterale : une fourgonnette a bestiaux ou americains, suedois et autochtones s'entassent pour aller au parc national Corcovado a deux heures de route cabossee. L'un des parcs les plus riches en terme de faune. J'y suis reste deux jours : une randonnee de 20 km le premier et le retour le lendemain. 40 bornes a pied en moins de 48 heures, ca calme. J'ai mis environ huit heures a l'aller et moins de 6 au retour. Un parcours entre foret, riviere et plage du Pacifique ( a maree haute, ce n'etait pas triste !) ou j'ai croise singes, tamanoir, oiseaux, lezards, couleuvre et des choses a poil qui n'existent pas chez nous. Le depaysement et l'aventure totale. D'autant plus que je n'avais pas reserve au gite d'arrivee. Ils m'ont trouve une petite place sur un matelas et un repas (qu'il fallait aussi reserve). Je suis retourne le lendemain soir a Puerto Gimenez en morceaux. L'hotel ou j'avais laisse mon sac avait ete entierement loue a une famille argentine qui m'a gentiment offert un verre de blanc pour me faire oublier la mauvaise surprise. J'ai pris un autre hotel a quelques centaines de metres. Et ce matin, huit heures de bus pour San Jose. Voila la boucle est bouclee. Je pars donc demain a 6h30 pour un nouveau parc naturel ou la balade se fera en canoe au coeur de la jungle (pas mal pour le jour de Noel). Puis je me dirigerai vers le volcan Arenal, en activite, et ce sera une nouvelle frontiere, celle avec le Nicaragua ou j'espere arriver dans la journee de jeudi. J'oubliais un detail : la saison dite seche supposee commence en decembre n'est pas encore tout a fait installee et la pluie est souvent au rendez-vous mais ca a aussi son charme. A bientot pour la suite.
Je vous embrasse.
Ludo
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