« une interview de Didier Le Reste que vous ne verrez pas à | Page d'accueil | Signez! »

samedi, 24 novembre 2007

Le débat se corse au PCF avant son Assemblée extraordinaire début décembre

 Par Par Elahe MEREL AFP- Vendredi 23 novembre, 10h04PARIS (AFP) -

La polémique enfle au PCF, à deux semaines de son Assemblée extraordinaire, entre les
 courants orthodoxes qui veulent fermer la porte à toute remise en cause de
 l'identité communiste, un musellement du débat dénoncé par les opposants comme
 un "acte scissionniste". 
....


C'est après sa débâcle à la présidentielle (1,93%) que Marie-George Buffet, la
 secrétaire nationale, a appelé à la tenue d'un Congrès extraordinaire, pour
 sauver le PCF que d'aucuns donnaient pour mort.
 
 Le Congrès a fini par se transformer en "Assemblée extraordinaire" des délégués
 de section, prévue les 8 et 9 décembre à La Défense, avec pour but le cadrage du
 débat dans la perspective d'un Congrès fin 2008 qui scellerait le départ de Mme
 Buffet de la direction.
 
 Mais le débat interne, que Mme Buffet annonçait ouvert et "sans tabou", risque
 d'être balisé avant même de commencer.
 
 Face aux courants Refondateurs (proches des antilibéraux) et aux proches de
 l'ancien dirigeant Robert Hue, qui préconisent la création d'une nouvelle force
 politique -quitte à abandonner la référence au communisme ou l'intégrer comme
 une sensibilité dans un parti plus large-, les "orthodoxes" entendent mettre
 tout de suite le holà.
 
 "Il faut que l'Assemblée extraordinaire dise clairement que l'on ne veut pas
 d'une dissolution du Parti communiste", a indiqué à l'AFP Nicolas Marchand, l'un
 des ténors de la ligne orthodoxe.
 Selon lui, un tel "mandat" est nécessaire car le parti "ne peut pas travailler
 dans deux directions contradictoires" d'ici à la fin 2008, ni être condamné à
 "l'immobilisme". Il propose une "novation" du PCF qui ne devrait toutefois ni
 "changer de nom", ni se transformer en "un nouveau parti".
 Mais les refondateurs mettent en garde contre un tel diktat qui, d'emblée,
 évacuerait leurs options.
 
 "Si l'Assemblée prenait une décision d'exclusive, tout le monde y verrait le
 signe d'un enfermement du PCF dans un repli identitaire", estiment-ils dans une
 déclaration signée de 19 cadres dirigeants, dont le député Patrick Braouezec et
 l'historien Roger Martelli. Ils "mettent en garde contre toute tentation de
 refermer l'éventail des choix".
 
 "Ecarter une des options procède d'une logique d'éclatement du parti, cela
 voudrait dire que l'un des points de vue est illégitime", souligne à l'AFP Roger
 Martelli. "Ce serait un acte scissionniste", prévient-il.
 
 Il rappelle que l'Assemblée extraordinaire "n'a pas la représentativité d'un
 Congrès" et assure que "l'état d'esprit" des militants communistes n'est pas
 celui de l'exclusive.
 
 Le courant refondateur est d'autant plus inquiet que les initiatives prises
 depuis la rentrée par la direction de Marie-George Buffet laissent penser que
 l'approche identitaire a sa faveur: ainsi, en "riposte" à la politique de
 Nicolas Sarkozy, le PCF avait organisé le 27 octobre une manifestation à Paris
 de ses seuls militants.
 
Mme Buffet penche pour le maintien de la référence communiste. "On a besoin d'un
parti porteur d'une nouvelle visée communiste" qui "doit développer ses propres
 objectifs tout en travaillant à des alliances et à des fronts", affirmait-elle
récemment à l'AFP.
 
 Elle précisait toutefois qu'elle pourrait modifier sa vision "si le débat me
 donne à voir d'autres solutions".

Ecrire un commentaire