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jeudi, 15 février 2007

chronique de Michel ONFRAY sur son blog du nouvel obs ...a vous de juger

Coco,boulot,dodo.

Mercredi 14 février 2007                    UNITAIRE?
Coco, boulot, dodo.

Lu dans « Libération » ce mercredi l’interpellation de José Bové par un ex-ajusteur communiste, Maurice, à qui il dit que le Parti Communiste « n’a pas trahi les ouvriers ». Mon pauvre Maurice, il faut vraiment être un dévot de la religion communiste pour ne pas voir que, pendant presque un siècle, ce parti a fonctionné comme l’Eglise avec son inquisition, ses bûchers, ses orthodoxes célébrés, ses hétérodoxes persécutés, condamnés, emprisonnés et que, dans cette logique totalitaire, la classe ouvrière a été le cadet de ses soucis !

 


Les Communistes auraient pu profiter de subventions de la CIA et des Etats-Unis tant leur rôle contre-révolutionnaire est avéré dans le XX° siècle…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, lorsque Molotov le communiste et Ribbentrop le national-socialiste signent le pacte Germano-soviétique le 23 août 1939 et conviennent d’un partage de l’Europe à l’amiable avec viol de la Pologne et cadeau des pays Baltes aux marxistes-léninistes. Ce pacte auquel consent le parti communiste français permet à Hitler de ne pas s’éparpiller sur deux fronts, donc d’être extrêmement performant quand il envahit la France. Pendant qu’Hitler vaque à ses petites affaires mondiales, Staline lui livre les antifascistes présents sur le sol Allemand et Autrichien, dont Margaret Buber-Neuman. Il faudra l’attaque de l’URSS par le III° Reich en juin 1941 pour que les communistes russes deviennent anti-nazis…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand, de conserve avec Maurice Thorez et Jacques Duclos, il négocie avec Otto Abetz en 1940 l’autorisation pour « L’humanité » de reparaître sous régime d’occupation nazie et que, pour ce faire, certains de ses émissaires jouent de la corde antisémite commune avec les nationaux-socialistes pour obtenir ce droit à revenir dans les kiosques… La haine raciale du Juif chez les nazis effectue un trajet commun, sur le principe des compagnons de route, avec la haine marxiste des Juifs confiscateurs du grand Capital…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand, pendant quarante deux ans , il a soutenu un régime sanguinaire, tyrannique, dictatorial, colonial, impérialiste, inhumain, carcéral, disciplinaire, y compris pour la classe ouvrière, sous prétexte que les ouvriers, entre goulag et Kolyma, ne dormaient pas sous les ponts , de fait, ils s’entassaient dans des appartements communautaires, disposaient d’études supérieures gratuites pour leurs enfants , certes, supérieures sur le principe , mais inférieures dans les faits par leurs contenus doctrinaires…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a rompu en 1989 avec sa soviétophilie, si longtemps utile pour remplir les caisses du parti et financer les salaires des permanents qui constituaient la bureaucratie du parti place du Colonel Fabien, au moment très tardif de la chute du mur de Berlin, c’est à dire quand on ne pouvait plus tresser de couronnes de laurier au soviet suprême et à ses momies. Que n’a-t-il, ce parti qui n’a jamais trahi les ouvriers, soutenu Gorbatchev quand ce grand homme aspirait à la Perestroïka et à la Glasnost, cet homme vilipendé par tous, y compris les communistes français, pour avoir voulu brader l’URSS quand il souhaitait la conserver à gauche, et ne pas la vendre aux libéraux, ce qui pourtant fut fait, avec Eltsine, et un peu grâce au parti frère français …
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a accepté, en Mai 68, d’envoyer un obscur syndicaliste de la CGT qui deviendra célèbre, Henri Krasucki, rencontrer un autre obscur envoyé par Pompidou qui, lui aussi, deviendra célèbre et avouera plus tard être allé à cette réunion secrète dans une sous pente avec un revolver sous sa veste, Jacques Chirac, pour négocier le principe des accords de Grenelle qui, de fait, arrêtaient la grève, éloignaient la perspective révolutionnaire, et justifiaient la fameuse reprise du travail ( ah ! le fameux « il faut savoir arrêter une grève « !) sous prétexte d’une augmentation de salaire dont le pouvoir et les syndicats savaient qu’elle serait bien vite absorbée par l’augmentation du coût de la vie dans les mois suivants…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, quand il a vendu son âme pour une assiette de lentilles, plusieurs fois depuis Mai 81, en acceptant des strapontins de ministres dans des gouvernements qui, se disant de gauche, menaient une politique de droite, dont certains nationalisaient plus que le gouvernement Balladur. Un pied revendicatif dans l’usine, un autre dans les palais dorés des ministères, une parole à gauche, une pratique de collaboration avec le libéralisme, des banderoles entre Nation et République, des cocktails chics à Matignon et des électeurs, pas dupes, qui quittent le parti et s’en vont, pour certains, vers le Front National…
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, en prétendant pendant des mois aspirer à une candidature unique de la gauche antilibérale, certes, bien sûr, évidemment, mais pourvu qu’elle se fasse sous le nom de Marie Georges Buffet, et sous le logo du Parti Communiste Français, non sans avoir sollicité les militants en amont pour noyauter, vieilles habitudes, les comités antilibéraux partout où c’était possible afin de laisser croire à une réelle et naturelle présence de leur première secrétaire artificiellement plébiscitée.
Le PCF n’a pas trahi les ouvriers, cher Maurice, lors des négociations avec le Parti Socialiste pour conserver après les présidentielles les prébendes électorales – des municipales aux législatives, en passant par les sénatoriales et autres consultations cantonales, départementales et régionales- obtenues avec la complicité d’un PS qui assure, par le choix de ses candidats et ses alliances, la réélection des permanents du Parti, des salariés de la bureaucratie, pourvu que la parole de gauche pendant la campagne n’empêche pas ensuite une pratique gouvernementale commune.
Mon cher Maurice, je crains que votre dévotion au Parti – comme d’autres dévots sacrifient à Bernadette Soubirous- vous empêche de faire de l’histoire, notamment celle de votre Eglise , car vous auriez vu que le Parti Communiste Français, qui a commencé par revendiquer et s’approprier tous les fusillés et la plupart des résistants français alors qu’il collaborait avec le régime nazi, puis continué à se dire révolutionnaire pendant qu’il participait au gouvernement d’un Lionel Jospin qui affirmait que son projet présidentiel ne serait pas socialiste, ce Parti, donc, a fourni en couleuvres pendant un demi siècles la classe ouvrière qui mendie aujourd’hui, et pour cause, un peu des miettes du festin de Jean-Marie Le Pen… Le score de ce dernier, le PCF est en un peu responsable, malheureusement.

Commentaires

Le 04/03/06, Michel Onfray, philosophe français, s'est vu attribuer le titre de prêtre honoraire du Mouvement Raélien par le Prophète Raël.
Le 22/12/06(LEMONDE.FR), Michel Onfray votera blanc ou pour Ségolène Royal au premier tour.
Pour mieux le connaître, son dernier livre en vente : GASTROSOPHIE: Petite phénoménologie de la raison suspendue.(44 pages, prix : 500 €, vous avez bien lu : cinq cents euros)
Michel Onfray, depuis janvier 2007, est l'un des principaux soutiens de José Bové.
Jean-Louis Bourguet.(Nîmes)

Ecrit par : bourguet | jeudi, 15 février 2007

LA MEN TA BLE !!!!! j' avais quelques sympathies pour ce type ,etre si intelligent et tombé si bas c'est dommage , par cet acte onfray va rejoindre les gluckman ,finkelkrau,doc gyneco et autres enrico macias ,comment peut on etre si interessant en philosophie et faire des analyses de l' histoire si minables et miserables
gardons nous tout de meme d'amalgamer tous les antiliberaux qui soutiennent bové ils sont loin de partager de telles infamies ,restons unitaires malgré les delires d'onfray

Ecrit par : PIETRO | vendredi, 16 février 2007

Camarades,

Pour être complet il fallait aussi copier coller le brulot d'Onfray sur Sarko où il dénonçait le fait que ce dernier était copain avec Gianfranco Fini (qui déclarait encore en 1994 que Mussolini a été le plus grand homme d'état du XXiè siècle) et son article où il "karcherise" Ségolène sur sa démocratie participative qu'il qualifie de barnum participatif.

A sa manière, qu'on peut critiquer, il déconstruit toutes les autorités (ce qui est son droit) avec parfois, c'est évident, une tendance à la caricature...Tel le Canard enchaîné dont je me délecte tous les mercredis. (Ce faisant, suis-je un anti-quoi?)

Certe, on préfère le Onfray accordant un entretien dans l'Huma (4 février 2004) sur son idée de:"la Philo-thérapie" ou son Traité d'Athéologie où il déconstruit au "scalpel" les 3 religions du livre.

Comme le disait un journaliste ce matin sur France-inter: n'inversons pas la devise des journalistes: "les faits sont sacrés, les opinions sont libres" en : "les opinions sont sacrés et les faits secondaires".

La vérité ne porte jamais préjudice à une juste cause.(Gandhi)

Et qui peut prétendre détenir la vérité, TOUTE la vérité?

Soyons humbles et ne perdons pas de vue qu'il faudra tous se retrouver, et le plus tôt sera le mieux.

Amitiés à tous .

Ecrit par : colombini sodol | vendredi, 16 février 2007

Merci, Sodol, de cette leçon de vérité historique.

Humblement et depuis longtemps conscient de la complexité des faits humains, je ne crois ni à Dieu ni à VERITE.

Je crois au travail patient des humains pour se libérer des contraintes de la nécessité et malheureusement des idéologies qu'ils se créent en croyant y échapper.

Marx nous a donné une méthode d'analyse historique (qui comme telle doit toujours être évaluée), des concepts (qui comme tels doivent toujours être questionnés) et une perspective, le "communisme comme processus d'émancipation de l'humanité et de chacun de ses membres" (où d'ailleurs il ne prévoyait aucune étape de type "socialisme" et processus qui est donc ce que nous -les humains- en ferons).

Je ne vois aucune des marques de cette métode, de ces concepts et de cette perspective dans le texte d'Onfray.

Alors ce texte entre, pour moi, dans la catégorie "idéologie", de part en part. La pire d'ailleurs : celle qui se prétend libre de toute idéologie.

Ecrit par : Jean | samedi, 17 février 2007

ONFRAY dérape; dommage . Voici un autre aspect positif celui là de ce philo du "tout ou rien".
Bourdieu affirme que la presse n'est pas un contre-pouvoir mais l'une de ses modalités, libérale en l'occurrence. Pas une force de résistance, mais une puissance de collaboration, nullement une chance pour la subversion, mais plutôt une illustration de la collusion.
Le coût d'un journal écrit ou télévisé oblige à gérer ces entreprises comme des commerces lucratifs. La soumission de ces instruments aux lois du marché et, conséquemment, la transfor- mation des acteurs des médias en auxiliaires de ces pouvoirs, paraît une évidence : saturation et gouvernement de la publicité, mise en exergue du fait divers, célébration de l'anecdote, multiplication des divertissements, usage spectaculaire de la violence, du sexe, de la trivialité, des mondanités, activation des logiques exhibitionnistes et voyeuristes, et, surtout, congé donné à tout ce qui permet l'analyse, la réflexion, le débat réel, le commentaire, l'augmentation de l'intelligence au service d'une résistance aux modèles dominants.
Pour avoir seulement énoncé ces vérités visibles par quiconque se veut de bonne foi, pour avoir théorisé, conceptualisé, montré, attiré l'attention, accompli son travail de sociologue critique, Pierre Bourdieu a déclenché une hystérie sans nom. Sa faute ? Un travail honnête, sincère, légitime et critique sur des instruments puissants de fabrication de la pensée populaire et de la domination des masses.

Dans Célébration du génie colérique
Michel NOFRAY . Ed. Galilée.
Je suis preneur de cette analyse. ONFRAY devrait aussi regarder comment et pourquoi ses écrits dans le nouvel Obs ou ailleurs apportent de l’eau au moulin de la pensée dominante dont l’anticommunisme conjugué sur tous les niveaux demeure essentiel. Collusion évidente.

Ecrit par : BOULICAULT | dimanche, 18 février 2007

TU AS RAISON SODOL ON DOIT POUVOIR TOUT DIRE ET TOUT ENTENDRE MAIS JE PREFERE LE ONFRAY PHILOSOPHE AU ONFRAY HISTORIEN A L HEURE OU CERTAINS VEULENT ASSIMILER COMMUNISME ET CRIMES CONTRE CONTRE L HUMANITE AU PARLEMENT EUROPEEN OU D4 AUTES INTERDISENT LES COMMUNISTES DANS L ANCIENNE TCHECOSLOVAQUIE AVEC DE TELLES ANALYSES ON POURRAIT SE RETROUVER DANS LA MEME GEOLE POUR AVOIR ETE DES DEVOTS DU PARTI A MOINS QU ON ACCEPTE SE SOUMETTRE A LA QUESTION POUR PROUVER QU IL NE RESTE PLUS AUCUNE TRACE EN NOUS
PLUS SERIEUSEMENT N EST IL PAS DEVENU DU PLUS GRAND CHIC DANS CERTAINS MILIEUX INTELLECTUELS DE DEBITER DE TELLES PHRASES SANS CHERCHER A FAIRE LE MOINDRE EFFORT D ANALYSES DE CES FAITS DANS LEUR CONTEXTE
QU IL EST AUSSI DE BON TON DE MOQUER DE TOUT
JE NE PENSE PAS QUE CES PHRASES CONTRIBUENT A LA VERITE
JE TERMINERAIS SUR LE DERNIER PASSAGE LE PCF SE SERAIT ATTRIBUER LES FUSILLES DE LA RESISTANCE ET AURAIT COLLABORER AVEC LES NAZIS
RIEN QUE SUR CE POINT LES FAITS SONT SACRES LES OPINIONS SONT LIBRES NOUS RAPPELLE TU
TU RAISON MAIS ONFRAY NE S EMBARASSE PAS BEAUCOUP DES FAITS DE CETTE PAGE D HISTOIRE QUE BEAUCOUP DE COMMUNISTES ONT ECRIT EN LETTRES DE SANG
JE RESTE HUMBLE JE TE SERRERAIS ENCORE LA MAIN AINSI QUE CELLE DE PERREUX JE LIRAIS ENCORE LE CANARD ENCHAINE JE PARTICIPERAIS ENCORE AU COLLECTIFS QUITTE A PASSER POUR UN DEVOT JE DEFENDRAIS ENCORE CERTAINS FAITS ET VALEURS CERTAINES IDEES QUI MALGRE LES RACCOURCIS DE ONFRAY ONT ENCORE DE L AVENIR

Ecrit par : PIETRO | lundi, 19 février 2007

Sur chronique de Michel Onfray :

Les faits sont les faits ! Ils sont têtus surtout quand ils ont été vérifiés par les historiens après confrontations de points de vue et ouverture des archives. Et donc pour être exprimés de manière crue ils n’en sont pas moins exacts historiquement, a conditions toutefois de les situer dans le contexte de l’histoire du monde.
Par exemple pour ce qui est la signature du Pacte germano soviétique :
Tout en étant lucide vis-à-vis de ce que représentait le stalinisme et l’impréparation de l’armée rouge vis-à-vis de l’invasion allemande pourtant prévisible, pour raisons de difficultés économiques et politiques (persécutions staliniennes, notamment envers les communistes révolutionnaires et compagnons « de la première heure »), il faut savoir ou se rappeler que le Pacte signé entre l'URSS et l'Allemagne (sur proposition de cette dernière qui craignait que ses forces militaires et économiques soient encore insuffisantes pour écraser l'URSS) et compte-tenu des terribles dispositions qui l'accompagnaient pour le peuple russe, on sait qu’après un énième refus de la Gde Bretagne et de la France de créer un front à l'ouest en concluant un pacte tripartite d'assistance mutuelle, qu'il s'est passé 19 jours entre le moment où le gouvernement soviétique a proposé d'engager des pourparlers militaires et l'arrivée des missions britanniques et françaises à Moscou. Lorsque celles-ci arrivèrent enfin le 11 avril, il s’avéra que les britanniques n'étaient pas mandatés pour mener les pourparlers. Ils n’avaient que faire de la menace hitlérienne, c'était clair !! Ceux-ci croyaient et n'attendaient qu'une chose : que l'Allemagne envahisse l'Est et pas l'Ouest. La suite s'est chargée de les faire déchanter et les responsabilités de l’Occident est grande à ce niveau.
A la suite de quoi, l'URSS n'avait sans doute qu'une issue (à la manière stalinienne bien évidemment) sur le principe : signer le pacte pour gagner du temps afin de mieux se préparer à l'attaque. Aussi, dans le contexte, l' URSS n'aurait-elle pas dû accepter ni signer le pacte alors qu'elle ne pouvait compter que sur ses propres forces et prendre ainsi le risque d 'être envahie puis annexée ?
Les "alliés", envahis à leur tour auraient-ils pu résister à la charge nazie sans l’aide de l’URSS dont la progression en Allemagne nazie et la libération des premiers « camps de la mort » a décidé les USA et l’Angleterre à intervenir en juin 44. L’ Allemagne, d'autant plus galvanisée si l'URSS avait été vaincue…je n’ose penser à cette hypothèse et chacun peut apprécier en connaissance de l’ensemble des éléments de ce tragique épisode historique.
On peut considérer qu’effectivement et dans une certaine mesure, le Pcf a « trahi » les intérêts de la classe ouvrière et les idéaux communistes, notamment à partir du « tournant des années 30 » avec les changements au plan international, la fin de la N.E.P. en Urss… ses alliances, ses nouvelles orientations et l’exclusion alors, puis le départ ensuite de nombre de ses adhérents au fil du temps qui en témoignent.
Pour autant, le tableau tout en noir brossé par Michel Onfray ne devrait-il pas être nuancé ?
Il ne fait aucune différence entre l’appareil qui avait ses raisons et les adhérents, militants et de nombreux élus qui se référaient à un idéal qui était, faut-il le préciser, à l’opposé du nazisme, mais qui avaient et ont encore des interprétations différentes quant aux conditions de sa mise en œuvre et aux stratégies à opérer pour y parvenir.
La création du Pcf en 1920 s’est faite que je sache en adhésion à la révolution russe, (qui s’est déroulée en pleine guerre mondiale, avec un peuple majoritairement analphabète et la contre-révolution tzariste et réformiste et l’aide capitaliste extérieure) avec un parti communiste acquis à l’idée de la révolution mondiale et au moins européenne dans un premier temps, qui a échoué (un autre chapitre de l’ Histoire...)
La révolution bolchevique, portée par la classe ouvrière russe, comme beaucoup d’autres a dégénéré avec le temps. Le manque d’instruction, d’éducation de maturité politique du peuple, l’opportunisme, alors que celle-ci passait sans transition du pouvoir monarchique et despotique au pouvoir ouvrier avec une organisation très centralisée nécessitée par les conditions du moment (guerre externe engagée par l’Allemagne et interne avec l’armée « blanche ») n’y sont-ils pas pour quelque chose ? Sachant que les paysans analphabètes pouvaient difficilement jouer un rôle à cette époque mais dont Lénine disait une fois la révolution accomplie « qu'il fallait se garder de se hâter, d'user de la pression administrative et de la contrainte lors de la fondation des kolkhozes, estimant que la contrainte à l'égard des paysans moyens étaient un crime "…
En période de guerre, nombreux ont été les militants communistes et syndicalistes membres ou proches du Pcf, ainsi que d’autres, à se lever et à s’engager dans la résistance au capitalisme et au nazisme, payant un lourd tribut : arrêtés, torturés et fusillés ou déportés, dont j’ai connu certaines de leurs filles ou fils à « l’Union des Jeunes Filles de France » et à « l’Union de la jeunesse communiste » entre 1959 à 62, concernée moi-même ainsi que d'autres membres du Pcf. Des plaques de rue, le nom des Cellules du Pcf, de nombreux ouvrages, les descendants survivant, jeunes résistant(es) à cette époque, sont là pour en témoigner.
Sachant aussi que certains d’entre eux tels Georges Guingouin, Jean Coin et bien d’ autres après la guerre, ont fait l’objet de persécutions indignes de la part de la direction du Pcf pour non conformation à la ligne définie par une direction du PC dans des conditions toujours discutables, laquelle n’a cessé de s’auto-reproduire, conduisant à des erreurs de stratégie et d’alliances, suicidaires à la longue car source d’immobilisme et de conservatisme interne.
Processus peu démocratique en son sein car non pluraliste et remontant, d’après nombre de spécialistes, d’historiens de ces questions, à la révolution française et à l’influence « blanquiste ».
Dans ces conditions, l’écroulement de l’Urss et des pays dits « de l’Est » et la destruction du mur de Berlin, construit dans le contexte historique et politique de l’époque, a opéré le reste et conduit à la mutation réformiste du Pcf, bien que nombre de ses éléments se réfèrent toujours à l’identité communiste avec des différences liées à l’Histoire.
Ceci étant, Michel Onfray fait totalement l’impasse sur la complexité de la question, sur le contexte historique souligné par d’autres intervenants et sur l’émancipation que ce parti a permis (paradoxalement et avec d’autres), de citoyen(ne)s, de militant(e)s et d’élu(e)s, avec ses structures, ses adhérents, ses ombres et ses lumières, ses contrastes, ses nombreuses contradictions, ses difficultés de fonctionnement, héritier qu’il est d’ une histoire de France qui s’est interférée avec celle du monde et dont on peut douter d’ailleurs aujourd’hui, qu’il pourra les surmonter pour se rénover ou se refonder.
Enfin, quelque part, ne peut-on pas remercier le Pcf de n’avoir pas « pris » le pouvoir en France, ce qui a permis à l’idée communiste, fortement décrédibilisée en Europe et au-delà par l’Urss de la période stalinienne » et les pays dits « de l’Est (satellites du « grand frère » suite aux accords de Yalta) de ne pas l’être en France.
Grâce notamment, à l’action de nombreux militants politiques et syndicalistes communistes dans la résistance au nazisme et au capitalisme, au programme politique et social issu de la résistance et de l’existence, par delà ses divisions, d’un mouvement trotskyste et libertaire le plus important d’Europe et en évolution.
Ce qui a bien contribué à revaloriser, dans une certaine mesure, l’idée communiste dans l’opinion mais de plus en plus en dehors du parti communiste et de son appareil, miné par ses erreurs et ses stratégies politiques avec échecs électoraux Ce que l’on perçoit, si l’on y est attentif, dans de nombreux secteurs de la société française (culture - mouvements associatif, citoyen et syndical alternatif – nouveaux courants politiques d’opposition etc…)
Enfin, une vision un peu plus mesurée et objective ne devrait-elle pas mettre le communisme « stalinien » au moins en rapport avec le capitalisme, représenté par les partis de droite et sociaux démocrates ?
Lesquels ont largement contribué en son temps, à la mise en oeuvre de la politique coloniale avec ses effets dramatiques en chaîne et au déclenchement des deux dernières guerres mondiales au prétexte de « plutôt la guerre que le front populaire » qui se sont ligués, par exemple, en Allemagne, pour faire assassiner sauvagement Rosa Luxemburg et son compagnon Karl Liebknecht le 15 Janvier 1919 avec d’autres et dont le moins qu’on puisse dire est que celle-ci n’était pas une « stalinienne » en puissance...
Serait-ce le « livre noir du Communisme » qui se perpétue et d’ailleurs aurait-il lieu d’être sans le « livre noir du capitalisme » qui lui est antérieur ?

Ecrit par : Huguette | lundi, 12 mars 2007

Ci-dessous, la réponse que j'ai faite ce matin par la messagerie où j'avais reçu la contribution d'Huguette;

Bravo , pour cette contribution.

Elle me conforte dans la démarche d'une nécessaire Refondation Communiste et dans la rencontre avec d'autres Forces, d'autres sensibilités, d'autres cultures, éprises, à leur manière, de l'urgente nécessité d'une transformation RADICALE des rapports sociaux... et de nos rapports à la nature.

Amitès et à bientôt

Ecrit par : colombini sodol | lundi, 12 mars 2007

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