mercredi, 14 février 2007
Reaction de MARS
GARDONS LE CAP !
À l’issue de la réunion nationale de Montreuil nous avons décidé de ne pas signer la déclaration finale qui nous paraissait engager l’ensemble de notre démarche derrière la seule candidature de José Bové. Or, nous estimions que si cette réunion nationale (à laquelle, faut-il le préciser, nous avions appelé dès le 22 décembre avec d’autres porte-paroles du collectif nationale) exprimait une véritable dynamique, elle ne pouvait prendre une telle décision au nom de l’ensemble des collectifs (dont au passage on notera, compte-rendu de leurs délibérations à l’appui, que la majorité d’entre eux ne s’étaient pas saisis de cette question)...
Trois semaines après il est possible de faire un premier bilan à partir des retours des collectifs unitaires. Or, qu’ils soient sous forme de PV ou de questionnaires, ces retours montrent une grande diversité mais également la volonté de beaucoup (aucun décompte n’ayant été fait, nul ne peut aujourd’hui discerner si ce fait est majoritaire ou pas) de ne pas s’engager exclusivement pour un des candidats afin de poursuivre la démarche unitaire. Lors de la réunion de la coordination nationale du 3 février qui, faute de temps et de préparation, réunissait de fait une minorité de délégués dument mandatés par une coordination régionale ou départementale, plusieurs intervenants, y compris partisans de la candidature de José, ont demandé que la coordination nationale prenne acte de cette tendance et poursuive sa démarche de façon autonome. La question soulevée par ces interventions n’apparait pas dans le compte-rendu publié par le secrétariat, or il nous semble essentiel pour la suite de notre mouvement que les collectifs s’emparent de cette question et puissent ainsi décider du profil de leur instance nationale. C’est bien évidemment une question de démocratie élémentaire mais c’est aussi une question politique dont dépend la clarification nécessaire sur plusieurs orientations apparues lors de cette réunion nationale. Pour notre part, nous maintenons le même objectif : construire le rassemblement de la gauche antilibérale afin de changer la donne à gauche. Nous gardons le cap. Celui de l'unité avant tout. Nous avons jugé dommageable la décision de la LCR de ne pas s'engager dans le rassemblement pour un motif qui nous semblait hors de proportion avec l'occasion historique qui nous était donnée. Nous avons refusé la décision du PCF de présenter Marie-George Buffet alors même que cette candidature ne rencontrait pas de consensus ni dans les collectifs, ni entre les sensibilités politiques. Mais, aujourd'hui, même si nous devons tirer les leçons sans concessions de ce qui a conduit à la division de la gauche antilibérale aux Présidentielles, nous maintenons que ni la LCR, ni le PCF ne sont devenus des adversaires. Aucun rassemblement de la gauche antilibérale ne se fera autour d'une de ses sensibilités ou de l’un des partis politiques, mais il ne se fera pas davantage en excluant ces derniers de ce processus. Il faut rompre l’escalade d’un sectarisme qui serait mortifère pour tous. Même si la tâche est ardue, il nous faut (re) construire pour l'avenir. Il n’y a pas d’autre issue. Pourtant, le 3 février, plusieurs intervenants ont clairement affirmé une position qui nous éloigne de l'objectif initial pour se rapprocher d'une construction aux contours idéologiques plus ou moins définis qui s'adosserait à la candidature de José Bové, ou du moins à la perception qu'ils s’en font. Cette conviction est évidemment respectable et ce courant peut même avoir vocation à construire sa propre représentation nationale (nous ne parlons pas là du comité de campagne de José Bové qui joue évidemment déjà son rôle pour cette campagne), mais nous maintenons que ce n'est pas celle qui a présidé à la naissance de notre mouvement et, surtout, qu’elle ne reflète pas ce qui semble émaner aujourd'hui encore de bien des collectifs. Au-delà des Présidentielles et de ce que chacun de nous en attend, nous pensons que l'avenir de la gauche antilibérale se construit maintenant. Quelles que soient les difficultés, nous devons avoir toujours pour objectif de présenter dans chaque circonscription un seul candidat de la gauche antilibérale aux législatives avec l’ambition, dans chaque département, de respecter pleinement notre diversité. Le résultat des Présidentielles pourrait bien d’ailleurs accroître encore cette nécessité et la rendre évidente pour tous ! Nous préconisons que les collectifs unitaires (et véritablement pluralistes) s'emparent de cette question dès maintenant sur le terrain. Au niveau national, ce mouvement doit disposer d'une structure à l'image des collectifs. Il est donc indispensable, si elle veut pouvoir jouer son rôle, que la coordination nationale devienne distincte de toute candidature aux Présidentielles et du coup puisse légitimement appeler toutes les sensibilités politiques qui le souhaitent à participer à ses travaux. C’est également la condition sine qua non pour que toute autre structure de liaison entre les forces antilibérales (ex CIUN) perde son sens. Cette question doit être clairement élucidée au plus tôt et si possible lors de la prochaine réunion du 17 février. Nous pensons, en conséquence, que chaque collectif et coordination de collectifs devraient, sur cette question, envoyer leurs délégués sur des mandats clairs. Poursuivre dans l’ambiguïté, c’est prendre le risque à moyen terme de compromettre un peu plus notre expérience unitaire. Cette unité reste notre objectif prioritaire. Chacun sait qu’en mer lorsqu’une flotte est soumise à des vents contraires, il importe peu que ses navires tirent des bords différents dès lors qu’ils conservent le même cap. Ce cap, de plus en plus de collectifs ont décidé de le conserver. Il serait paradoxal, et finalement peu légitime, qu’une instance qui ambitionne de les coordonner nationalement n’en fasse pas autant. Eric Coquerel (Président du MARS, membre du collectif Paris 11) Pierre Carassus (Secrétaire Général Gauche Républicaine, collectif de Melun)
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