mercredi, 07 février 2007
contribution de Danielle CANO
Ma contribution personnelle (je n’engage que moi) n’en sera qu’une de plus à tout ce qui circule, mais tant pis, et merci à ceux qui voudront bien donner un peu de leur temps pour me lire. Au Collectif de la Gardonnenque – depuis juin 2006 où j’ai participé à une première réunion - citoyenne retraitée mais toujours syndiquée et impliquée dans le mouvement social, active au sein d’une ONG, je n’ai jamais milité au sein d’un parti politique (sauf au PSU durant ses « années phares ») pour disposer de toute ma liberté de ré-flexion. Ceci posé - il faut bien se situer un peu - je m’avoue catastrophée par ce qui se passe depuis décembre.
Les CUAL - porteurs d’espoir comme on n’en rêvait plus depuis 68, riches d’une multitude de réflexions et d’hori-zons, de personnalités diverses, de partis politiques décidés à s’entendre au vu de l’enjeu - se déchirent aujour-d’hui. Je ne vais pas refaire l’historique, distribuer de bons ou mauvais points, rechercher à qui incombe la responsabi-lité de la chose, ce n’est pas mon propos et on n’en est plus là. En ce qui me concerne, depuis le début, je n’ai eu qu’un candidat, Yves Salesse, dont le parcours, jusque là me semblait propre à nous faire dépasser les cliva-ges qui semblaient se profiler à l’horizon… Il m’est donc plus facile de me dégager du débat ambiant; pour autant, ce que je constate avec une certaine amertume – dans ce qui s’est passé et ce qui se passe – c’est le peu de cas qui est fait de la fameuse démocra-tie participative. Après que les CUAL se soient prononcés une première fois – j’étais à St Ouen – il nous a été dit que, certes MGB avait recueilli un certain pourcentage de voix, mais qu’elle ne faisait pas consensus (je ne vous apprends rien) puisqu’il fallait un double consensus. Soit. On connaît la suite. Pourtant, les CUAL ont souvent bien résisté à cette première onde de choc, preuve qu’il y avait là quelque cho-se de solide qui s’était mis en place. Puis il nous a été demandé, au retour de St Ouen, si nous voulions continuer avec les deux candidats restants (Autain/Salesse) ou si nous souhaitions quelqu’un d’autre… et nous n’avons pas eu le moindre retour de cette consultation ! Nous, à la Gardonnenque, nous voulions bien continuer avec ceux qui restaient, les nouveaux risquant de venir perturber un climat qui n’en avait pas besoin : d’autant que Bové était parti, Besancenot jamais venu ; tant pis pour eux…et pour nous. Et puis voilà qu’arrive Montreuil, et que là, la légitimité du candidat s’acquiert par voie de pétition et d’acclama-tion, qui plus est pour un candidat qui nous a quand même « snobé » et déçu après le meeting de Montpellier si unitaire. D’aucuns répondront qu’il y avait urgence si on voulait sauver le programme.. La fin justifie-t-elle les moyens ? On en est toujours là ?! En quoi José Bové est-il plus légitime parce qu’il est issu d’une pétition et d’une acclamation que MGB et ses pourcentages ? Les deux sont légitimes ou aucun des deux ne l’est. Ce qui ne résout pas le problème, j’en con-viens, mais qui revient à bien considérer ce qui est en train de se passer. Car on voit aujourd’hui des personnes prônant l’exclusion des collectifs qui laisseraient leurs membres libres de se prononcer pour le candidat de leur choix : ces CUAL là n’en seraient plus ; des personnes migrant vers des collectifs qui seraient devenus « bovétistes » et se déclarant seuls, à présent, légitimes de l’héritage du travail commun. Quid des autres ? C’est un peu fort, non ? Pour moi qui appréciais beaucoup José Bové, notamment pour sa forme de désobéissance civique, mais qui avais estimé qu’il ne faisait pas plus consensus que MGB, je m’estime flouée par la nouvelle donne et regrette que Bové se prête à ce jeu dont on aura du mal à me convaincre qu’il est plus démocratique que le précédent ! La donne politique est brouillée, sans doute pour longtemps mais aucun CUAL ne peut s’arroger le droit d’avoir plus de légitimité que son voisin. (d’autant que depuis Montreuil, MARS et d’autres ont encore quitté le navire). Nous voilà bien. Il nous reste cependant un petit espoir (le dernier ?), celui de faire en sorte qu’il y ait une ré-flexion commune CUAL excommuniés/CUAL qui se prétendent légitimes pour les législatives car les CUAL sans les partis perdent leur socle et les partis sans les CUAL perdent leur rêve. Danielle Cano.
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