lundi, 29 janvier 2007
Le PS est partagé sur l'opportunité d'une candidature de José Bové
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Le "trou d'air" que traverse la candidate socialiste tombe à pic pour étayer cette démonstration. L'entourage de José Bové prédit que Mme Royal ne fera pas le plein des voix au premier tour et que le leader paysan peut donc être utile à la gauche pour gagner. Sa popularité est en effet encore intacte chez de nombreux altermondialistes et l'électorat écologiste n'y est pas insensible. "Bové marche sur les plates-bandes de l'extrême gauche comme sur celles des écolos", explique Vincent Tiberj, chercheur au Cevipof. Selon un sondage CSA-Opinions, réalisé le 24 janvier et diffusé dimanche 28 janvier par France 3 et France-Info, M. Bové inspire davantage confiance pour la défense de l'environnement, chez les sympathisants Verts, que Mme Royal et Dominique Voynet. Après le retrait de Nicolas Hulot, José Bové est désormais "la seule personnalité de la société civile qui mène une bataille politique dans cette élection", remarque aussi Stéphane Rozès, directeur de l'institut CSA-Opinions.
M.Bové entend aller chercher les voix que le PS, selon lui, ne saurait plus capter. "Avec son profil, il peut séduire l'électorat qui ne se reconnaît pas en Ségolène Royal", assurent ses supporters. Si certains responsables socialistes partagent ce constat, les premières réactions sont méfiantes, voire hostiles. "Une candidature de plus n'est jamais une bonne nouvelle", confie au Monde Mme Royal, tout en relevant qu'elle "diviserait d'abord l'extrême gauche". "La multiplication des candidatures dans la gauche alternative aura pour effet d'amplifier la dispersion", prévient le premier secrétaire du PS, François Hollande, qui s'était efforcé avec succès d'éviter les candidatures Chevènement et Taubira. M. Hollande rappelle que M. Bové, comme les autres candidats non socialistes, ne pourra bénéficier d'aucun parrainage du PS.
"RELATION PLUTÔT BONNE"Mais ces mises en garde n'excluent pas une relative bienveillance. Mme Royal rappelle ainsi qu'elle a toujours entretenu une "relation plutôt bonne" avec le leader altermondialiste. "Bové dit qu'il est prêt à tout faire au second tour pour battre la droite. De ce point de vue, il se distingue de Besancenot", relève M. Hollande tout en soulignant que le candidat potentiel ne s'est jusqu'à présent pas inscrit "dans une dynamique de rassemblement".
Jean-Christophe Cambadélis avait déjà relevé sur son blog, le 17 janvier, que la candidature de José Bové "pouvait faire des dégâts" au PCF et à l'extrême gauche. "Le PS ne doit pas s'en mêler, d'autant que quelque chose de positif peut en surgir", assure aujourd'hui le député de Paris proche de Dominique Strauss-Kahn. Certains socialistes commencent à s'inquiéter, au vu des sondages, de la faiblesse du total des intentions de vote pour la gauche au premier tour. Ceux-là redoutent que la candidature Royal pâtisse, au second tour, d'un manque de réserve de voix. "La gauche ne manque pas de leadership mais de dynamique. Bové peut en donner sur une part de l'opinion qu'on ne gagnera jamais", admet un élu du PS.
Ce calcul est récusé par le porte-parole du PS, Julien Dray : "En 2002, certains nous ont tenu le même discours en nous disant : Laissez-nous mobiliser les électeurs qui vous seront utiles au second tour . C'est comme ça que s'est organisé le bordel!"
21:40 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note




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