lundi, 29 janvier 2007

BOVE Un dispositif de campagne déjà arrêté

LE MONDE | 29.01.07 | 11h34 • Mis à jour le 29.01.07 | 11h35 La décision prise, le dispositif de campagne de José Bové semble déjà bien avancé. C’est lors de consultations téléphoniques avec ses partisans, vendredi 26 janvier, et au cours d’une réunion de responsables de collectifs antilibéraux, samedi à Nîmes, que les contours de sa candidature ont été imaginés.

 


Le leader altermondialiste souhaite d’abord s’appuyer sur son image de "résistant au système" – celui qui défend ses idées jusqu’à risquer la prison – pour montrer qu’une alternative est possible au projet de la gauche sociale libérale. Son slogan "Un autre monde est possible" devrait donc structurer son discours de candidat, explique Rémy Jean, l’un des initiateurs de la pétition, qui s’est mis en congé de la LCR. S’appuyant sur les 125 propositions élaborées par les collectifs antilibéraux, José Bové axerait sa campagne sur cinq priorités. Tout d’abord, un "plan d’urgence sociale", avec une attention particulière aux banlieues et quartiers populaires pour lesquels il propose un "plan Marshall", élaboré lors d’Etats généraux avec la participation directe des habitants et des associations. L’instauration d’une VIe République constituerait son second marqueur : démocratie citoyenne, égalité des droits, lutte contre les discriminations et proportionnelle intégrale, pour montrer la volonté de "rupture" avec la Ve République. Une large place serait faite à l’écologie, en prônant un "nouveau modèle de développement" avec un moratoire sur le nucléaire et les OGM et l’organisation d’un "grand débat public". Le candidat veut continuer à plaider pour une "refondation" de la construction européenne. Enfin, il plaide pour un "droit de veto" sur la politique de libéralisation des échanges dans les grandes institutions internationales. "A gauche, c’est une promesse plus enthousiasmante que celle de l’ordre juste de Mme Royal", explique un de ses proches. José Bové devrait détailler son projet dans un livre à paraître début mars, juste avant le dépôt officiel des candidatures. DIFFÉRENTES SENSIBILITÉS La candidature de M. Bové se veut aussi différente dans la forme avec une "campagne collective". Son comité de campagne devrait comprendre plusieurs porte-parole représentant les différentes sensibilités intéressées à une candidature unitaire mais aussi des "inorganisés", initiateurs de la pétition "Unis avec Bové". Il devrait ainsi proposer, mardi, à Clémentine Autain, adjointe apparentée communiste au maire de Paris, Francine Bavay, vice-présidente Verte de la région Ile-de-France, Patrick Braouezec, député PCF de Seine-Saint-Denis, et Yves Salesse, conseiller d’Etat, d’y participer. Jacques Perreux, conseiller général communiste du Val-de-Marne, pourrait se voir confier la direction de la campagne et Roland Mérieux des Alternatifs en devenir le mandataire. Les minoritaires de la LCR participeront aux meetings mais refusent pour le moment toute autre responsabilité. Un emprunt a été obtenu auprès des banques et une souscription est lancée. Et le premier meeting est prévu le 7 février à Aubagne (Bouches-du-Rhône). Reste les parrainages : 80 promesses de signature seraient enregistrées. Un argumentaire accompagné d’une lettre du candidat est désormais prêt. Samedi, des élus communistes, dont les députés Patrick Braouezec, Frédéric Dutoit, Jacqueline Fraysse, le sénateur Robert Bret et les maires de Saint-Denis et Nanterre, ont publié un appel dans lequel ils appellent à soutenir José Bové et invitent Marie-George Buffet et Olivier Besancenot à se retirer. Sylvia Zappi

Ecrire un commentaire